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Wapa 50 Trimaran Longueur : 15,00 m Tous droits réservés - Philippe Rivière |
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Wapa 50 le voyage sur trois coques Par Philippe Rivière Au delà de 35 pieds, le marché du multicoque est trusté par les catamarans. Dans ce paysage uniforme, le Wapa 50 fait d’autant plus figure d’enfant terrible qu’il se présente comme un trimaran de voyage économique. Dessiné par Philippe Rivière et construit par Petter Quality Yatchs, l’engin valait bien un détour. Quinze mètres de long, dix de large trois coques... Mis à part les veillées de transat, peu de marinas nous réservent encore ce genre de spectacle ! Et pour cause, direz-vous : les droits portuaires ont de quoi faire réfléchir à deux fois les architectes sur l'option trimaran, surtout dans ces tailles. Mais, lorsque le programme est celui du voyage avec une prépondérance de mouillages forains et peu d’infrastructures aménagées, il y a peut-être de quoi revoir sa copie. C’est ce que s’est dit Philippe Rivière, d'autant que le cahier des charges imposé par les deux coproriétaires du Wapa 50 ouvrait la voie : disposer d'un multicoque rassurant mais rapide, rustique et simple à gérer au quotidien pour un programme au long cours – le tout sans dépasser un budget d’1,5 MF Le choix de Philippe Rivière s'est d'abord porté sur un matériau simple à mettre en oeuvre et moins cher que le sandwich : le contreplaqué marine, stratifié verre époxy. Les carènes du Wapa sont donc à bouchains, ce qui ne paraît pas gênant sur le plan des performances, mais contribue à donner au bateau un look radical, taillé à la serpe. Ensuite, plutôt que de prévoir une dérive centrale (coûteuse, risquée en cas de choc et contraignante pour l'agencement), chaque flotteur est équipé d'un aileron symétrique. Enfin, pour garantir une forte sécurité et ne pas grever le budget, le bateau est volontairement peu puissant – avec, en particulier, un gréement ramassé et un entraxe de coque assez réduit. Cette volonté de ne pas rentrer dans une spirale de puissance, impropre à satisfaire un programme de croisière, n'empêche pas de détenir un bateau très volumineux. Les entrées d'eau de la coque centrale sont fines, mais les très forts redans donnent une surface de pont et un volume intérieur surprenants pour un trimaran. Les flotteurs volumineux (200 %) n'ont volontairement pas été aménagés pour ne pas grever le devis de poids et alourdir la structure. Sur l'eau, nous avons eu l'occasion de tester le Wapa dans des conditions de vent très modéré. Compte tenu de l'allure générale du bateau, c'était là que l'on pouvait craindre sa plus grande faiblesse. Malgré le peu d'allongement de la voilure, nous avons été surpris de trouver un bateau assez vivant, se déhalant facilement, à partir du moment où l'on se crée un peu de vent apparent. Avec moins de 10 noeuds de vent, on marche à 7 noeuds à 70° du vent réel, notre meilleur VMG mesuré. Il ne faut pas chercher à trop remonter et conserver pas mal de vitesse pour que les ailerons accrochent et remplissent leur fonction. Dans ces conditions en tout cas, le meilleur compromis cap/vitesse se trouve assez loin du vent. Comme sur un cata doté d'ailerons, il est bien évident que dans du vent plus fort, on doit pouvoir accéder à des VMG beaucoup plus plus satisfaisants, avec en prime dans le clapot un étai tendu comme sur un monocoque. UN COMPORTEMENT SOUS VOILES PROMETTEUR On aurait aimé pouvoir disposer d'un gennaker pour allonger un peu plus la foulée, mais avec ses lourdes voiles de convoyage, le Wapa 50 nous est apparu assez évolutif et allonge vite la foulée dès que la force 2 est dépassée. Les jolis développés de bordé y sont pour quelque chose et le déplacement* mesuré aussi. Malheureusement, les trois safrans couplés par hydraulique se révèlent très peu parlants. Il est prévu d'installer une barre franche volante sur les carrés débouchant sur les flotteurs. Assis, dos aux filières, on devrait avoir ainsi beaucoup plus de sensations, tout en jouissant d'une très bonne visibilité. Ceci s'explique par les dimensions réduites du roof en forme de demi-cercle. Dans ces conditions très méditerranéennes, l'aileron et le safran au vent trempent encore dans l'eau et, même en installant tout l'équipage sous le vent, on a du mal à enfoncer les 10 000 litres du flotteur. Passé 15 nreuds, le problème doit se !égler de lui- même. Disposer de flotteurs très peu angulés par rapport à la coque centrale reste un confort essentiel au mouillage et au moteur où le Wapa n'a pas la fâcheuse tendance à se dandiner. La forte stabilité de formes de la coque centrale et le faible tirant d'air y sont pour beaucoup également. Au moteur, en revanche, même si le safran de la coque centrale est dans l'axe du moteur, il faudra bien anticiper les manreuvres et conserver de la vitesse pour que les ailerons accrochent et s'opposent efficacement au fardage important de l’ensemble. Les quelques milles réalisés sans vent ont montré une installation assez bruyante. Les propriétaires n'avaient pas encore isolé le compartiment mais, dans l'ensemble, c'est certainement un reproche que l'on pourra faire au matériau utilisé, en particulier dès que le bateau va vite sous voiles. Les bras sont assez hauts sur l'eau et ne devraient pas mouiller trop l'équipage qui dispose d'un çockpit de grandes dimensions, et certainement très agréable à vivre en mer. Très profond pour des évolutions en sécurité, on y est aussi bien protégé par le roof en position assise sur les bancs. L'accastillage de bonne facture ne gêne pas au mouillage et un équipage nombreux trouvera facilement sa place sans être obligé d'aller sur les trampolines. Les drisses reviennent au pied de mât. La circulation sur le pont se fait très facilement, la faible gîte du bateau permettant de travailler sans risque. Debout sur la plage avant on ne peut être qu'étonné de la surface qu'offre ce type de bateau. Le rectangle délimité par les bras de liaisons et les flotteurs avoisine tout de même les 100 m² ! 100 m² À VIVRE ! C'est à l'intérieur qu'on attend au tournant le Wapa. Bien sûr, un trimaran de ce type ne peut offrir des espaces de convivialité aussi imposants qu'un cata. Mais, grâce aux redans généreux de la coque, on dispose en gros d'un agencement proche de celui d'un monocoque de 43 pieds à salon de pont. Les possibilités de couchage sont importantes. Sur le premier modèle essayé -- les propriétaires désirant exploiter le bateau en charter à l'occasion --, on trouve trois cabines doubles, deux couchettes superposées sur l'avant bâbord et une couchette de quart, en arrière de la table à cartes. Dans le cadre d'un programme propriétaire avec des enfants, on pourra simplifier les choses et profiter de plus d'espace sans aller chercher à alourdir la pointe avant. Si la circulation carré/cabine avant se fait sans problème, il faut bien entendu traverser le cockpit pour regagner la très volumineuse cabine arrière, dans laquelle il y a suffisamment de place pour loger un cabinet de toilette privatif. Certains n'aimeront pas cette séparation, d'autres estimeront qu'elle conviendra parfaitement aux besoins d'intimité des uns et des autres dans la durée... Dans tous les cas, cette disposition permet un remarquable centrage des poids : le moteur et tous ses périphériques sont sous le cockpit (une grande trappe permet de travailler très à l'aise et de le déposer facilement si nécessaire), les réservoirs et batteries sous le carré. Tous les gros postes sont donc compris entre les deux poutres, ce qui, combiné avec les qualités des trimarans et des formes en V, devrait offrir un comportement à la mer très doux. Enfin, on appréciera entre deux mouillages de pouvoir remonter l'annexe sur le grand plan incliné de la jupe (façon thonier !) muni de rouleaux de guidage. Il reste suffisamment de place sur le côté pour profiter des joies de la baignade. Cette disposition permet de se passer efficacement des traditionnels bossoirs (il est d'ailleurs dommage d’avoir tenu à rajouter un arceau en inox alors que des mâteraux porte-antenne auraient fait l'affaire). En conclusion, on peut dire que le Wapa 50 est une approche cohérente du bateau de grande croisière à budget limité et réaffirme les qualités des trimarans. Son look de Land Rover des mers pourra en choquer plus d'un, mais la simplicité et la rusticité ne sont-elles pas deux des qualités que l'on attend d'un bateau qui navigue vraiment ? Rangements. Les bonnes surprises du trimaran. Il est difficile de prendre en défaut le Wapa 50 sur ce point. Les bras arrière contiennent chacun deux très grands coffres. On en trouve deux du même type dans les bras avant où pourront être stockés deux mouillages complets avec davier à poste. S'ajoutent à ces volumes de nombreux coffres de cockpit (gaz, survie, divers) et un coqueron arrière pour un mouillage léger.A l'intérieur, les redans qui pourraient paraître excessifs à première vue trouvent là toute leur utilité : cuisine, carré, cabines disposent chacun d'un volume confortable (c'est un peu moins vrai pour les deux cabines en avant de la cloison de mât, dans la version charter). On dispose bien entendu de tout le volume des coques pour ranger ce qui n'est pas trop lourd mais volumineux (voiles de petit temps par exemple). L'accès se fait par capot étanche. Enfin, la zone technique sous le cockpit donnant accès au moteur, groupe pression et dessalinisateur offre une place technique sous le cockpit pour travailler -- rare dans ces tailles. * Dans les conditions de l'essai, le bateau était presque vide d'aménagements. Dans cette configuration, il a été pesé à 8 tonnes lors de la mise à l'eau. Loisirs Nautiques
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